Il est temps de changer les règles du jeu

Vers plus d'horizontalité dans le fonctionnement démocratique local.

Ecrit par Jérôme Guermeur.

Une fois n’est pas coutume, comme une histoire passionnelle, beaucoup de hauts et de bas nourrissent la romance française de la politique. Mais cette fois-ci, le divorce entre les français.e.s et le ‘monde politique’ tel qui fonctionne actuellement semble bel et bien prononcé. Il existe cependant des villages d’irréductibles gaulois, puisqu’à l’échelle locale les maires possèdent encore un peu plus de 50% de soutien de la part de leurs habitants.

Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Et surtout qu’en sera-t-il après les élections municipales de mars 2020 ?

Une thématique sort du lot, à juste titre, pour cette campagne municipale : la démocratie participative.

Cette expression est presque devenue subjective, tant chacun se réapproprie sa définition et son champ d’action. Il est surtout primordial de comprendre à quel point les habitants doivent enfin se retrouver au centre de tous les projets, et du fonctionnement de leur commune.

Comment les différentes équipes de campagne ont-elles décidé d’aborder cette thématique ?

Ce que nous pouvons observer dans cette première phase de campagne municipale, c’est que toutes les équipes vont mettre l’accent sur la démocratie participative, et notamment par le biais numérique.
Nombre d’entre elles ont décidé de proposer une plateforme web sur leur site web de campagne, pour permettre aux militants de proposer des idées de projets pour leur commune.

Ceci-dit, la constatation est flagrante : la participation ne se fait pas en nombre, et ce pour plusieurs raisons.

Les sites de campagnes sont éphémères, et donc peu connus de celles et ceux qui ne sont pas trop présents sur les réseaux. Il faut quand même constater l’effort fourni par les équipes pour essayer de faire connaitre leurs sites web, mais la plupart souffrent du syndrome de la politique actuelle, le désamour des étiquettes et de la politique dite politicienne.

De ce fait, les gens n’osent pas participer au sein d’un parti, ou projet étiqueté. Le militantisme politique est en crise : celui des partis. A contrario, beaucoup se sentent de plus en plus engagés pour de nobles causes, et en premier lieu la cause environnementale, qui rappelons-le, est aujourd’hui le sujet de préoccupation numéro un des français.e.s.

Parmi les signaux faibles, nous observons également un problème de confiance, plus difficile à détecter. C’est le fruit du fonctionnement vertical de la politique. Pourtant, depuis maintenant plusieurs années, une modification relativement importante a lieu dans les strates décisionnelles, permettant d’impliquer la population par le biais de politiques ‘bottom-up’, du bas vers le haut. Bien que louable, ce genre d’initiatives génère en fait une certaine frustration chez les habitant.e.s. Il est maintenant nécessaire de faire évoluer encore ces modes de fonctionnement pour aller vers beaucoup plus d’horizontalité.

Nous pouvons enfin observer la conséquence de la triste campagne présidentielle de 2017 qui se répercute à l’échelle des municipales : les programmes et projets électoraux sont le fruit de maigres concertations, avec trop peu d’habitant.e.s. La crise démocratique est tellement ancrée dans nos territoires que le paradoxe de l’équipe providentielle se faire encore sentir. Et pourtant, le véritable changement se situe bien ici : un programme et un projet totalement centré sur les principaux acteurs : les habitant.e.s.

Quel(s)s changement(s) doit-on opérer dans le fonctionnement politique local ?

Afin de répondre le plus efficacement possible aux attentes des français en matière de changement démocratique, il est prépondérant de viser un fonctionnement le plus horizontal possible.

Ceci est possible grâce à une plateforme numérique allant dans ce sens, comme première porte d’entrée de la participation de l’ensemble des habitant.e.s sur leur territoire.

La principale conséquence de ce mode de fonctionnement revisité, c’est la confiance. La confiance rendue aux habitants pour être plus que des donneurs de ‘like’. La confiance offrant la possibilité à toutes et tous de porter les idées proposées. La confiance enfin, de changer à long terme les états d’esprit des uns et des autres, vers plus de résilience, et de mentalité de faiseur, ou entrepreneuriale.

Malgré les idées reçues et véhiculées sur le sujet, l’innovation n’est pas que technologique. Aujourd’hui l’innovation est ancrée sur nos territoires, et répond à des besoins locaux, à des problématiques rencontrées sur nos communes.

Bien évidemment, les initiatives innovantes qui fonctionnent doivent pouvoir se propager sur d’autres territoires. Il s’agit là d’un enjeu considérable pour propulser l’innovation à très fort impact social sur l’ensemble de nos communes.


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